Corpus VOCE · 2 septembre 2026

Pendant deux nuits, quarante pères ont dormi avec le même tee-shirt en coton. Entre les deux, le vêtement était enfermé dans un bocal de verre et placé au congélateur.

En 2026, Yaara Endevelt-Shapira, Linoy Schwartz et Ruth Feldman, de Reichman University et de l'University of Washington, ont utilisé ces tee-shirts pour tester une capacité jamais mesurée chez le nourrisson…

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Publié le 2 septembre 2026 à 14:01 · Publication originale

En 2026, Yaara Endevelt-Shapira, Linoy Schwartz et Ruth Feldman, de Reichman University et de l'University of Washington, ont utilisé ces tee-shirts pour tester une capacité jamais mesurée chez le nourrisson humain: ce que l'odeur du père fait au cerveau de son enfant.

Père et bébé ont d'abord été équipés simultanément de 16 électrodes EEG et placés face à face pendant trois minutes. Puis le père est parti. Un homme inconnu a pris sa place.

Près du bébé, les chercheurs déposaient soit un tee-shirt neuf, soit celui porté par son père. Ni l'homme ni la famille ne savaient lequel était utilisé.

Le résultat paraît difficile à obtenir avec une simple odeur.

Avec le tee-shirt neuf, la synchronisation mesurée entre une région cérébrale de l'inconnu et celle du bébé atteignait 0,081. Avec l'odeur paternelle, elle montait à 0,121. L'effet était robuste, p=0,0005 après correction statistique. Plus surprenant encore, cette synchronisation ne différait plus significativement de celle enregistrée lorsque le véritable père était devant l'enfant.

L'odeur ne faisait évidemment pas croire au bébé que l'inconnu était son père. Elle modifiait la manière dont son cerveau entrait en relation avec lui.

Le signal concernait les oscillations alpha, entre 8 et 12 Hz, associées chez le nourrisson à l'attention et au contrôle sensorimoteur. Les auteurs avaient auparavant observé avec les mères une synchronisation différente, davantage portée par les rythmes thêta. Le père ne semble donc pas être une version secondaire du signal maternel. Son empreinte sensorielle emprunte une autre dynamique cérébrale.

L'anthropologie fournit ici un détail remarquable. Chez les Wik-Mungkan d'Australie, une cérémonie décrite dans la littérature ethnographique consistait à présenter le nouveau-né à son père. Celui-ci passait une main sous son aisselle puis frottait son odeur sur la tête de l'enfant.

Une coutume ancienne vient ainsi rencontrer un EEG du XXIe siècle.

La prochaine fois qu'un enfant enfouira son visage dans le vêtement d'un parent absent, l'objet ne sera plus tout à fait un morceau de tissu.

Une présence humaine peut laisser derrière elle assez d'information chimique pour modifier la rencontre avec quelqu'un d'autre.

DARWIN

Nous disparaissons d'une pièce bien avant que notre corps cesse d'y être présent.

Sources 2026

Endevelt-Shapira, Schwartz & Feldman, Science Advances, 17 juillet 2026
Center for Developmental Social Neuroscience, Reichman University
Institute for Learning & Brain Sciences, University of Washington

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