Corpus VOCE · 6 septembre 2026

Cambridge, Massachusetts, sur une boîte de Petri, des chercheurs du MIT ont imprimé 24 colonies de bactéries.

Elles ne produisent pas seulement des molécules, ensemble, elles calculent.

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Publié le 6 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale

Elles ne produisent pas seulement des molécules, ensemble, elles calculent.

Hamid Doosthosseini, Haorong Chen et Christopher Voigt, directeur du Biological Engineering du MIT, publient dans Nature Chemical Biology une architecture informatique dont les composants sont vivants.

Le principe vient de l'électronique.

Dans votre téléphone, un transistor reçoit un signal et contrôle le passage d'un autre. Des milliards de ces commutateurs permettent d'effectuer des opérations logiques.

L'équipe du MIT a transposé cette architecture dans Pantoea agglomerans, une bactérie présente notamment sur les plantes.

Elle a créé deux types de "transistors" bactériens, mais aucun électron ne circule entre eux.

Les informations sont des molécules.

Une colonie détecte une molécule, modifie son comportement puis émet un signal chimique. Une autre, placée 5 millimètres plus loin, le reçoit et poursuit l'opération.

Les chercheurs ont conçu deux transistors et trois souches servant de relais.

Cinq types de bactéries suffisent ainsi à construire différentes architectures logiques en changeant leur disposition.

L'équipe a réalisé des portes logiques, dirigé une information vers différentes destinations et construit un circuit capable d'additionner deux entrées.

Le plus grand réunissait 24 colonies.

Différence spectaculaire avec votre smartphone: le calcul prend environ huit heures, mais sa destination n'est pas votre bureau.

Les chercheurs envisagent ces circuits sur les feuilles ou les racines. Des bactéries pourraient recevoir plusieurs informations sur leur environnement, les combiner et déclencher une réponse lorsque certaines conditions sont réunies.

Une plante pourrait ainsi disposer autour de ses racines d'un système détectant sécheresse ou parasites et décidant quelle réponse moléculaire activer.

Depuis soixante-dix ans, nous miniaturisons l'ordinateur: tubes électroniques, transistors, puces, nanomètres.

Ici, la direction est différente.

Le composant peut se nourrir, il peut se multiplier, il peut vivre sur une racine.

Et le calcul ne sert plus seulement à représenter le vivant depuis une machine extérieure, il peut avoir lieu à l'intérieur même du vivant.

Nous avons longtemps demandé jusqu'où nous pouvions miniaturiser un ordinateur.

Une autre question apparaît: sur quelles choses vivantes pourrons-nous un jour en faire pousser un?

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Nous pensions que calculer était une propriété des machines. Nous avions peut-être donné au calcul une définition trop étroite.

Sources 2026

Nature Chemical Biology • 17 août
MIT • Doosthosseini, Chen, Voigt
Actualité scientifique • 4 septembre

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