Corpus VOCE · 9 septembre 2026

Amsterdam. 218 enfants de 8 à 13 ans arrivent avec l'un de leurs parents pour une expérience qui dure neuf minutes.

Eddie Brummelman et ses collègues de l'Université d'Amsterdam leur donnent 14 questions.

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Publié le 9 septembre 2026 à 19:00 · Publication originale

Eddie Brummelman et ses collègues de l'Université d'Amsterdam leur donnent 14 questions.

La moitié des familles fait du "small talk". Questions légères, réponses ordinaires.

Dans l'autre groupe, parent et enfant doivent répondre à tour de rôle à des questions de plus en plus personnelles: citer une qualité appréciée chez l'autre, raconter quelque chose que l'on aimerait mieux savoir faire, évoquer des sujets plus intimes.

Avant et après, les enfants indiquent à quel point ils se sont sentis aimés par leur parent pendant la conversation.

Ceux du second groupe se sentent davantage aimés.

Jusque-là, rien de très surprenant.

Mais les chercheurs ont enregistré puis analysé les conversations.

Les échanges intimes ne sont ni plus longs, ni simplement plus positifs que les conversations banales. Ils contiennent davantage de colère, d'anxiété et de tristesse. On y parle plus de famille, d'amis, de décès. Les échanges produisent davantage de réflexion sur soi.

Autrement dit, l'enfant ne s'est pas senti davantage aimé parce que neuf minutes étaient devenues plus agréables, il s'est senti davantage aimé alors que la conversation était devenue émotionnellement plus difficile.

Le détail le plus intéressant se trouve dans le protocole: la révélation est réciproque. Le parent répond lui aussi.

C'est une correction importante d'une habitude familiale très installée. L'adulte demande: "Comment s'est passée ta journée?", "Qu'est-ce qui ne va pas?", "Tu veux m'en parler?". L'enfant devient celui qui doit s'exposer, tandis que le parent conserve la position de celui qui sait, écoute et questionne.

L'expérience néerlandaise teste autre chose: l'intimité circule dans les deux sens.

Elle ne dit évidemment pas qu'un enfant doit recevoir les problèmes d'adulte. Elle montre qu'entre le silence parental et la confidence inappropriée existe un territoire beaucoup plus intéressant: permettre à l'enfant de découvrir que son père ou sa mère possède aussi des peurs, des souvenirs, des maladresses et des choses difficiles à dire.

Cela donne une autre signification aux conversations du coucher. Quand la lumière est éteinte et qu'une question arrive depuis le lit, la meilleure réponse n'est peut-être pas toujours une nouvelle question.

Parfois, quelques mots commencent par:

"Moi aussi, quand j'avais ton âge..."

PAPAGENO

La confiance ne naît pas seulement de quelqu'un qui nous écoute, mais de quelqu'un qui accepte aussi d'être connu.

Source

Brummelman et al., Developmental Psychology, 2024, 218 enfants de 8 à 13 ans, expérience randomisée sur la révélation réciproque parent-enfant

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