Corpus VOCE · 16 septembre 2026

Dans une expérience menée en France, des adolescents doivent décider combien ils souhaitent contribuer à un bien commun.

Le dispositif appartient à l'économie expérimentale: chacun peut conserver ses ressources ou en consacrer une partie au groupe. Donner davantage favorise tout le monde, mais expose à voir les autres profiter…

VOCE Association08:00Archive canonique
VOCE

Publié le 16 septembre 2026 à 08:00 · Publication originale

Le dispositif appartient à l'économie expérimentale: chacun peut conserver ses ressources ou en consacrer une partie au groupe. Donner davantage favorise tout le monde, mais expose à voir les autres profiter de votre coopération.

Étienne Dagorn, chercheur au CNRS et à l'IÉSEG School of Management de Lille, introduit alors quelque chose que l'école française présente volontiers comme un danger: la pression des camarades.

Pas d'argent supplémentaire. Les adolescents peuvent simplement récompenser ou sanctionner socialement les décisions des autres.

Le résultat, publié en avril 2026 dans Applied Economics, renverse l'image habituelle de "l'influence des pairs". Lorsque ces signaux sociaux apparaissent, la coopération augmente. Les adolescents rapprochent leur comportement de celui du groupe. Les filles et les élèves initialement plus altruistes coopèrent davantage, mais le mécanisme le plus intéressant est ailleurs: augmenter l'intensité de la pression ne produit pas proportionnellement plus de coopération. Savoir que le groupe peut réagir suffit déjà à modifier le comportement.

Une étude publiée en août 2026 dans Scientific Reports pousse le mécanisme plus loin. Niloofar Saeedi, Khatereh Borhani et Soroosh Golbabaei placent 271 adolescents, âgés en moyenne de 17 ans, dans un jeu de bien public. Les participants sont exposés aux décisions de pairs auxquels les chercheurs ont attribué différents niveaux de statut fondé sur leurs connaissances.

Les adolescents suivent davantage les pairs de statut élevé. Mais la direction de l'influence dépend du contexte: les décisions prosociales entraînent davantage de conformité lorsqu'elles sont publiques; les décisions antisociales influencent surtout les choix privés.

Voilà ce que "résister à la pression du groupe" laisse échapper.

Le groupe n'est pas uniquement une force contre laquelle l'adolescent doit construire son autonomie. C'est aussi une infrastructure capable de rendre coopération, entraide ou égoïsme socialement désirables.

La France peut multiplier les cours de citoyenneté. Dans une classe, une autre éducation fonctionne déjà sans programme officiel: chaque adolescent observe quels comportements procurent reconnaissance, statut ou approbation.

La prochaine fois qu'une classe entière adoptera soudain une manière de parler, d'aider ou d'exclure, ne cherchez pas seulement qui a commencé.

Regardez quel comportement le groupe est en train de rendre prestigieux.

CHERUBINO

Nous devenons parfois libres en choisissant nos influences, pas en prétendant n'en avoir aucune.

Sources

Étienne Dagorn, Applied Economics, 2 avril 2026

Saeedi, Borhani & Golbabaei, Scientific Reports, 6 août 2026

#adolescence #éducation #psychologie #sciencesociales #France #coopération #jeunesse #VOCEASSOCIATION

Faire découvrir cette publication

Partager cette recherche, ses sources et sa version intégrale.

#VOCEAssociation #ChildDevelopment #EducationResearch #HumanBehaviour

LinkedIn Facebook

VOCE Academy

Continuer

← En 2026, cinq chercheurs des universités de Maastricht et d'Utrecht ont rassemblé 47 études européennes consacrées à 177.169 adolescents.
"Parce que c'est comme ça." →

Ce texte appartient au corpus pédagogique et éditorial de VOCE Association. Lecture, découverte et citation sont publiques; les droits sur le texte et le corpus restent détenus par VOCE Association, sauf mention contraire. Droits du corpus.