Publié le 18 septembre 2026 à 08:00 · Publication originale
Puis ils ont utilisé ce qui restait.
Le 19 août 2026, Zheyan Wang, Changgan Zeng, Guanghui Cheng et leurs collègues de l'University of Science and Technology of China publient dans "Nature" une expérience étonnante: renforcer un supraconducteur grâce aux fluctuations du vide.
Le matériau est du NbSe₂. À très basse température, sa résistance électrique disparaît.
Les chercheurs en placent quelques couches dans une cavité métallique résonnant à 0,92 térahertz.
Aucun laser n'est envoyé.
Le vide quantique n'est jamais réellement vide: même dans son état d'énergie minimal, le champ électromagnétique fluctue. La cavité permet d'agir sur ces fluctuations.
Dans un échantillon de six couches, la température critique augmente jusqu'à 5,4%. Le courant critique et le champ magnétique critique progressent aussi.
L'équipe modifie l'épaisseur, la fréquence, les diélectriques, les contraintes mécaniques et l'écrantage. L'effet demeure.
Le modèle développé avec Frank Wilczek, prix Nobel de physique, indique que le couplage avec les fluctuations de la cavité stabilise l'état supraconducteur.
Puis regardez qui finance l'expérience.
National Key R&D Program of China, Hefei National Laboratory, Académie chinoise des sciences, province d'Anhui, programme national pour les sciences quantiques, National Natural Science Foundation, ministère de l'Éducation.
Onze subventions et programmes sont cités.
Le coût de l'expérience n'est pas public. Celui de la stratégie apparaît davantage.
Pour 2021-2027, les financements publics quantiques sont estimés à 10,9 milliards d'euros en Europe contre 15,3 milliards en Chine.
Mais l'argent ne raconte qu'une partie de l'histoire.
L'Europe possède plus de 100.000 spécialistes "quantum-ready" et une recherche de premier rang. Pourtant, parmi les dix groupes technologiques mondiaux investissant le plus dans le quantique, quatre sont chinois, cinq américains.
Aucun n'est européen.
La Commission reconnaît une fragmentation des stratégies et des difficultés à convertir la recherche en marchés. Elle prépare maintenant un Quantum Act.
Hefei fonctionne déjà autrement: université, laboratoire national, province, État et industrie sont concentrés dans le même écosystème.
Le risque européen n'est pas de perdre la science quantique.
C'est d'en financer une partie pendant que d'autres construisent les entreprises qui en capteront la valeur.
PARSIFAL
Le vide quantique vient de gagner une propriété inattendue: il intéresse désormais aussi l'économie.
SOURCES 2026
Nature
European Commission
Rapport Draghi
Hefei National Laboratory
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