Publié le 18 septembre 2026 à 09:00 · Publication originale
Puis il entre dans un PET-scan.
Sur les images, certaines cellules cancéreuses apparaissent grâce au PSMA, une protéine à laquelle se fixe un traceur.
Mais cette adresse peut aussi servir à les détruire.
Pluvicto associe une molécule reconnaissant le PSMA au lutétium-177. Fixée sur la cellule, elle délivre des particules bêta qui endommagent son ADN.
La tumeur participe ainsi à son propre ciblage.
Le 31 juillet 2026, la FDA a autorisé Pluvicto chez certains patients dont le cancer métastatique est encore sensible au traitement hormonal et PSMA positif.
La décision repose sur PSMAddition.
Cet essai de phase III a inclus 1.144 hommes. La moitié a reçu Pluvicto associé au traitement hormonal, l'autre le traitement standard.
Administré jusqu'à six fois, Pluvicto a réduit de 28% le risque de progression à l'imagerie ou de décès. Le risque de progression du PSA a diminué de 58%.
Pendant longtemps, l'imagerie demandait: où est le cancer?
Le traitement: comment le détruire?
La théranostique fusionne les deux. La signature qui révèle la tumeur sert à lui livrer son traitement.
Tous les cancers prostatiques n'expriment pas suffisamment le PSMA. Le traitement peut provoquer fatigue, anémie, thrombopénie, sécheresse buccale et toxicité rénale. Le gain de survie globale n'est pas démontré.
En Europe, Pluvicto reste autorisé à un stade plus tardif.
Nous pensions le progrès synonyme d'armes plus puissantes.
Il consiste parfois à trouver une adresse assez précise pour que quelques atomes sachent où aller.
ULTRA®
Un traitement peut être autorisé et rester pratiquement inaccessible.
La radioligandothérapie exige PET-PSMA, lutétium-177 livré à temps, installations autorisées et équipes spécialisées.
Le coût est celui d'un écosystème.
Une évaluation canadienne estimait Pluvicto à 122.000 dollars canadiens par patient. Une analyse néerlandaise évaluait une radioligandothérapie au lutétium-177 entre 35.866 et 47.546 euros.
Mais un autre prix échappe aux comptes.
Après l'administration, le malade devient temporairement une source de rayonnement. Une étude de 2025 sur 47 patients a mesuré l'exposition des proches: sous les limites internationales, mais avec des règles de distance plusieurs jours.
Limiter certains contacts. Organiser les déplacements. Revenir à l'hôpital. Recommencer.
La maladie devient une organisation de l'existence.
Et la précision crée une nouvelle inégalité.
Deux malades peuvent avoir le même cancer, le même biomarqueur et le même traitement théorique.
L'un possède l'infrastructure.
L'autre, seulement l'indication sur le papier.
PARSIFAL
Le progrès ne consiste peut-être pas à frapper toujours plus fort, mais à savoir enfin exactement où frapper.
Sources
FDA
PSMAddition, phase III
The Lancet, 2026
European Medicines Agency
Novartis
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