Publié le 19 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
Un robot humanoïde termine son assemblage, se lève puis quitte seul la chaîne qui vient de le fabriquer.
Il s'appelle IRON.
XPeng, constructeur automobile chinois, prépare sa production de masse avant fin 2026. Sa ligne de Guangzhou automatise déjà plus de 80% des opérations principales.
Après avoir appris à écrire, calculer ou programmer, l'intelligence artificielle entre dans le monde physique. Et l'automobile possède presque tout pour accélérer ce passage: moteurs, batteries, capteurs, caméras, logiciels et fournisseurs capables de produire à grande échelle.
Plus de 85% des fournisseurs utilisés par XPeng pour ses humanoïdes travaillent déjà pour son activité automobile.
Toyota estime qu'environ 400.000 robots pourraient être nécessaires pour automatiser davantage son groupe et ses fournisseurs. Hyundai prépare Atlas de Boston Dynamics dans son usine de Géorgie. BYD, Chery, GAC ou Changan avancent aussi.
L'équation industrielle commence alors à changer.
Si un logiciel automatise une partie du travail intellectuel et qu'un robot automatise une partie du travail physique, la production peut augmenter sans que les effectifs progressent au même rythme.
C'est ce que recouvre la "light workforce": non pas la disparition des humains, mais une entreprise où chaque salarié commande davantage de logiciels, de machines et de capital productif.
À la fin des années 1970, Fiat et Comau faisaient partie des pionniers de l'automatisation avec Robogate à Cassino. Volkswagen automatisait parallèlement ses usines autour de la Golf.
Mais les robots de cette époque répétaient des trajectoires programmées.
La génération qui arrive cherche à percevoir une situation, comprendre une instruction, apprendre un geste et s'adapter.
Et le déplacement géographique est tout aussi important.
À Hefei, Volkswagen possède désormais son plus grand centre de R&D hors d'Allemagne et peut y développer et valider des plateformes complètes. Stellantis approfondit ses coopérations chinoises autour de Leapmotor.
La Chine n'est donc plus seulement l'endroit où une partie de l'industrie européenne fabrique.
Elle devient aussi l'endroit où elle apprend à concevoir plus vite.
Cassino, Turin et Wolfsburg avaient appris à retirer l'homme des gestes répétitifs.
La Chine cherche maintenant à retirer la programmation rigide du robot lui-même.
Pendant que l'Europe débat encore des métiers que l'IA pourrait transformer, les industriels posent déjà une question beaucoup plus concrète:
Combien de voitures, de robots et de valeur un même nombre d'humains pourra-t-il produire demain?
HEPHAÏSTOS
La puissance industrielle pourrait bientôt se mesurer moins au nombre de personnes employées qu'à la quantité de machines, de matière et d'intelligence que chacune peut mettre en mouvement.
Sources 2026
Reuters • XPeng • Volkswagen • Stellantis • Comau
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