Publié le 20 septembre 2026 à 17:00 · Publication originale
Connecticut.
Mary Jane De Souza recrute trente hommes d'environ 28 ans.
Onze courent 108 kilomètres par semaine. Neuf en parcourent 54. Dix sont sédentaires.
Puis son équipe mesure ce qu'aucun chronomètre ne voit.
Pendant une heure, le sang est prélevé toutes les vingt minutes. Testostérone totale et libre, LH, FSH, prolactine, hormones thyroïdiennes et surrénaliennes. L'urine est recueillie pendant 24 heures.
Chaque homme fournit aussi deux à cinq échantillons de sperme.
Les chercheurs mesurent concentration, morphologie, mobilité et cellules germinales immatures. Puis ils soumettent les spermatozoïdes à un test fonctionnel.
Dans le système Penetrak, ils doivent pénétrer un mucus cervical bovin standardisé. On mesure ainsi leur capacité à progresser dans un milieu visqueux.
À 54 kilomètres hebdomadaires, les paramètres hormonaux restent proches de ceux des sédentaires.
À 108 kilomètres, le paysage change.
Testostérone totale moyenne: 15,3 nmol/L, contre 21,4 chez les coureurs modérés.
Testostérone libre: 60,2 contre 86,0 pmol/L.
Les coureurs à fort volume présentent aussi moins de spermatozoïdes mobiles, une densité spermatique inférieure à celle des sédentaires, davantage de cellules immatures et une pénétration réduite dans le mucus.
Mais LH et FSH ne diffèrent pas significativement.
Une testostérone plus basse ne signifie donc pas ici que l'hypophyse a simplement cessé d'envoyer ses gonadotrophines. L'adaptation de l'axe reproducteur est plus complexe.
Une autre équipe suit ensuite 24 marathoniens pendant un an. Lorsque leur entraînement augmente, volume séminal, mobilité et morphologie diminuent significativement. Le nombre de spermatozoïdes, lui, ne baisse pas significativement.
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RISQUE REPRODUCTIF: L'endurance élevée ne signifie pas infertilité. Une revue systématique de 2024 portant sur 13 études et 280 sportifs juge les preuves hétérogènes. Certaines études chez cyclistes et triathlètes rapportent cependant altérations morphologiques ou fragmentation accrue de l'ADN spermatique. Lorsque l'énergie disponible devient chroniquement insuffisante, l'axe reproducteur peut aussi être perturbé.
EFFET COGNITIF: La faible disponibilité énergétique ne s'arrête pas aux gonades. Le consensus du CIO sur le RED-S décrit aussi des effets possibles sur l'humeur et certaines performances cognitives. Plus troublant: la restriction alimentaire volontaire peut participer au déficit. Ce que l'athlète interprète comme contrôle peut alors prolonger le manque d'énergie.
Le chronomètre peut progresser pendant que d'autres systèmes économisent déjà.
ACHILLE
Nous comptons les kilomètres. Le corps compte aussi ce qu'ils lui coûtent.
Sources
International Journal of Sports Medicine
Fertility and Sterility
Sports Medicine - Open, 2024
British Journal of Sports Medicine
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