Publié le 21 septembre 2026 à 14:01 · Publication originale
9 septembre 2026.
Samantha Jones, Faith Pasternak et Erin Heerey publient une expérience qui complique notre regard sur les réseaux sociaux.
323 femmes et personnes s'identifiant au féminin regardent vingt vidéos TikTok: minceur idéalisée, corps sportifs, diversité corporelle et deux catégories neutres.
Après chaque vidéo, les chercheurs mesurent leur "auto-objectification momentanée": jusqu'à quel point une personne considère-t-elle son corps depuis une perspective extérieure?
C'est là que l'expérience devient dérangeante.
Nous imaginons une opposition simple: les contenus idéalisant la minceur seraient nocifs, ceux célébrant la diversité corporelle leur antidote.
Les données sont plus subtiles.
Chez les personnes déjà fortement enclines à l'auto-objectification, les contenus glorifiant la minceur renforcent cette tendance.
Mais ceux célébrant la diversité corporelle peuvent aussi l'augmenter.
Les conséquences diffèrent: cette augmentation s'accompagne de davantage d'émotions positives avec les contenus célébrant la diversité corporelle.
Mais les deux peuvent maintenir le corps au centre de l'attention.
Le corps n'est plus seulement ce depuis quoi nous regardons le monde. Il devient quelque chose que nous imaginons regardé et évalué de l'extérieur.
Une autre étude publiée en septembre 2026 retrouve une mécanique complémentaire: l'anxiété concernant l'apparence sociale est associée à davantage de surveillance de son apparence en ligne, puis de présentation inauthentique de soi et de fatigue liée aux réseaux. Le phénomène apparaît chez les femmes comme chez les hommes.
Nous avons beaucoup discuté de la représentation des corps.
La question devient plus inconfortable: même lorsque tous les corps sont célébrés, pourquoi faut-il encore autant les regarder?
ULTRA®
La "technoférence" désigne l'intrusion du numérique dans une interaction humaine: regard détourné, conversation interrompue, attention capturée.
Chez une personne marquée par des traumatismes relationnels complexes, hypervigilance, sensibilité au rejet ou attachement insécure peuvent rendre ces micro-ruptures particulièrement coûteuses. Le smartphone ne crée pas le traumatisme. Il peut fournir des ambiguïtés relationnelles à un système nerveux déjà entraîné à les détecter.
L'interruption n'est pas toujours fortuite. Notifications, recommandations et récompenses sociales sont conçues pour reconquérir l'attention.
La manipulation n'a donc pas besoin de changer nos opinions.
Elle peut commencer par décider ce qui interrompra notre attention.
Pour certains cerveaux, une notification n'interrompt pas seulement une conversation. Elle peut momentanément interrompre un sentiment de sécurité.
EGLANTINE
On peut libérer le miroir de ses anciens critères sans nécessairement sortir du miroir.
Sources
Jones, Pasternak & Heerey, PLOS ONE
Türk-Kurtça & Doğru, Body Image
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