Corpus VOCE · 24 septembre 2026

Le chirurgien a retiré la tumeur et le scanner ne montre aucune métastase. Pourtant, quelques semaines plus tard, le sang peut encore contenir des fragments d'ADN provenant du cancer.

Le 14 septembre 2026, "Nature Cancer" publie PEGASUS, une étude menée dans 11 centres italiens et espagnols auprès de 135 patients opérés d'un cancer du côlon de stade III ou II à haut risque. Après chirurgi…

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Publié le 24 septembre 2026 à 08:01 · Publication originale

Le 14 septembre 2026, "Nature Cancer" publie PEGASUS, une étude menée dans 11 centres italiens et espagnols auprès de 135 patients opérés d'un cancer du côlon de stade III ou II à haut risque. Après chirurgie, de l'ADN tumoral circulant, ou ctDNA, reste détectable chez 35 patients, soit 26%.

À trois ans, leur survie sans maladie atteint 58%, contre 83% lorsque le ctDNA est indétectable. Ce signal peut révéler une maladie résiduelle trop faible pour apparaître à l'imagerie.

PEGASUS utilise cette information pour adapter la chimiothérapie. Les patients confirmés négatifs reçoivent de la capécitabine seule. Les positifs reçoivent CAPOX, associant capécitabine et oxaliplatine, avec passage possible à FOLFIRI si le signal persiste.

Comparée à une cohorte historique appariée de TOSCA, cette stratégie réduit de 43,2 points le risque absolu de neurotoxicité. Les toxicités neurologiques sévères passent de 19,3% à 3,8%.

PEGASUS ne permet pourtant pas encore de confier la décision au seul ctDNA. Chez les 100 patients confirmés négatifs, la survie sans récidive à deux ans atteint 88%, sous le seuil de 92% fixé par le protocole. L'étude est une phase II non randomisée avec comparaison historique.

Certaines récidives surviennent aussi malgré un ctDNA initialement indétectable, notamment parmi les tumeurs CMS4, caractérisées par une forte composante stromale. La biopsie liquide possède donc ses angles morts.

Après une chirurgie, le traitement adjuvant dépend traditionnellement de ce que l'anatomopathologiste observe dans la tumeur et les ganglions retirés. Le ctDNA ajoute une information dynamique: ce que le cancer laisse circuler après sa disparition anatomique.

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L'oxaliplatine montre pourquoi cette précision compte. Sa neurotoxicité peut persister après la chimiothérapie: engourdissements, douleurs, hypersensibilité au froid ou difficultés de motricité fine. Pour un patient guéri, ces séquelles peuvent devenir la présence quotidienne d'une maladie pourtant absente.

PEGASUS explore ainsi une évolution potentiellement profonde: utiliser une mesure moléculaire pour diminuer l'exposition thérapeutique lorsque le risque paraît suffisamment faible.

Si des essais randomisés le confirment, mesurer la maladie résiduelle ne servira plus seulement à identifier qui risque de rechuter. Cela pourrait aussi éviter à certains patients de payer durablement le prix d'un traitement dont ils n'avaient peut-être pas besoin.

DON CARLO

La précision commence aussi lorsque la médecine sait jusqu'où ne pas aller.

Sources

Nature Cancer, 14 septembre 2026
PEGASUS
TOSCA
ClinicalTrials.gov, NCT04259944

#VOCEASSOCIATION #CancerDuCôlon #Oncologie #ADNtumoral #BiopsieLiquide

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