Corpus VOCE · 30 septembre 2026

29 septembre 2026.

Sheng Zhong, responsable de la recherche industrielle sur la Chine chez Morgan Stanley, chiffre à 12.000 milliards de dollars les investissements supplémentaires que le pays pourrait réaliser d'ici 2035.

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Publié le 30 septembre 2026 à 13:00 · Publication originale

Sheng Zhong, responsable de la recherche industrielle sur la Chine chez Morgan Stanley, chiffre à 12.000 milliards de dollars les investissements supplémentaires que le pays pourrait réaliser d'ici 2035.

Ce chiffre dessine une ambition: vendre aussi au monde les moyens de produire.

La Chine compte déjà plus de 30.000 usines intelligentes de premier niveau et 100 millions d'équipements industriels connectés. Morgan Stanley prévoit que ses ventes annuelles de robots, toutes catégories confondues, pourraient passer de 8 millions en 2025 à 76 millions en 2035.

Certains de ces robots pourraient acquérir de nouvelles capacités par mise à jour logicielle. L'IA pourrait ajuster les cadences aux données de production, détecter les défauts et anticiper les pannes.

La valeur de l'usine se déplacerait en partie vers ceux qui développent ses logiciels et maîtrisent leur évolution.

Morgan Stanley envisage 5.500 milliards de dollars pour moderniser les installations et 6.000 milliards pour créer de nouvelles capacités. Les marges industrielles pourraient passer de 5 % à 8 %, à condition de surmonter la surcapacité et la pression sur les prix.

Un autre chiffre concerne directement l'Europe.

Selon la banque, seuls 40 % des produits chinois exportés vers les États-Unis seraient facilement remplaçables par d'autres sources d'approvisionnement.

Transférer l'assemblage au Vietnam, au Mexique ou en France ne déplace pas nécessairement les fournisseurs de machines ni leur savoir-faire.

L'Europe conserve des positions fortes dans l'automatisation et les équipements complexes. Mais une usine réimplantée en France pourrait dépendre d'équipements et de logiciels conçus en Chine.

ULTRA®

Une machine industrielle engage son acheteur longtemps après son installation: maintenance, pièces de rechange, mises à jour et droits d'accès aux logiciels.

Lorsque l'IA intervient dans le contrôle qualité ou l'ordonnancement, celui qui maîtrise le système peut influer sur les performances et les possibilités d'évolution de l'usine.

C'est l'un des mécanismes possibles de la low workforce economy: augmenter la production sans augmenter proportionnellement les postes répétitifs, tandis que les besoins en techniciens peuvent croître. Impossible d'en déduire un bilan net d'emplois.

Pour un groupe qui rapatrie sa production, une décision essentielle se joue donc dès l'achat des équipements et la négociation des droits logiciels.

MERCURIO

Une nation peut rapatrier ses usines et importer le pouvoir de les faire fonctionner.

Sources

Morgan Stanley Research, China's Next Industrial Era, 25 septembre 2026
Morgan Stanley, Sheng Zhong, China's $12 Trillion Manufacturing Upgrade, 29 septembre 2026

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