Publié le 30 septembre 2026 à 18:01 · Publication originale
Vingt-trois méta-analyses représentant 2.817.252 enfants dans 64 pays.
L'exposition aux écrans est associée à de moins bonnes performances scolaires globales et langagières, ainsi qu'à davantage de difficultés émotionnelles ou comportementales.
Mais plusieurs résultats dérangent le récit habituel.
Aucune association significative n'apparaît avec les fonctions exécutives. Ni avec les scores en mathématiques, sciences ou lecture. Certains effets varient selon le type d'écran et l'âge.
"Le temps d'écran" n'est donc pas une exposition uniforme.
En juillet 2026, Fabien Bitu et Michèle Molina proposent dans "Psychologie Française" de distinguer les écrans selon l'engagement cognitif et physique qu'ils permettent, sur un continuum allant de la passivité à l'interactivité.
La couche invisible est aussi sensorimotrice.
Une étude longitudinale menée pendant deux ans auprès de 117 enfants d'âge préscolaire avait associé davantage d'usage des écrans à de moins bonnes performances haptiques et de motricité fine, mais à une meilleure discrimination visuelle des formes.
Elle date de 2021.
En France, les écrans sont interdits depuis 2025 pour les moins de 3 ans dans les lieux d'accueil de la petite enfance. Le carnet de santé interroge leur exposition dès 3 mois.
La durée compte.
Mais elle ne dit ni ce que l'enfant faisait, ni ce que l'écran remplaçait.
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Une variable aide à comprendre cette différence: la contingence.
Dans une interaction réelle, l'adulte ajuste sa réponse à ce que fait l'enfant. Une visioconférence peut conserver une partie de cette réciprocité. Une vidéo préenregistrée beaucoup moins.
La contingence ne suffit pourtant pas à rendre un écran bénéfique.
La revue de Bitu et Molina distingue les usages passifs, actifs et interactifs selon l'implication physique et cognitive qu'ils permettent.
Cette distinction révèle aussi un coût d'opportunité sensorimoteur.
Chez le petit enfant, trente minutes devant un écran peuvent remplacer des expériences corporelles ou une interaction sociale réelle. Ces activités n'engagent pas les mêmes boucles perception-action.
La question utile devient moins "combien de minutes?" que "quelle expérience cette activité construit-elle, et laquelle remplace-t-elle?"
Deux écrans identiques peuvent occuper trente minutes.
Ils ne produisent pas nécessairement les mêmes trente minutes d'enfance.
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L'enfance ne se mesure pas seulement en temps occupé, mais dans la nature des expériences qui remplissent ce temps.
Sources
Al-Jbouri et al., JAMA Pediatrics, 28 septembre 2026
Bitu & Molina, Psychologie Française, juillet 2026
Suggate & Martzog, Journal of Applied Developmental Psychology, 2021
Ministère de la Santé, 2025-2026
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