Publié le 3 octobre 2026 à 17:00 · Publication originale
Une molécule produite par Streptomyces modifie la fermentation dans le rumen.
Elle s’appelle monensine.
En 2012, Frank Duffield et ses collègues rassemblent 40 articles et 24 essais. Chez les bovins à viande, la consommation de matière sèche diminue d’environ 3 %. L’efficacité alimentaire s’améliore, avec des gains plus modestes dans les études les plus récentes de leur analyse.
En 2024, une autre méta-analyse portant sur 20 expériences trouve une baisse moyenne de 17,5 g de méthane par animal et par jour, environ 15 %.
L’effet varie selon la dose, le régime et la durée.
Puis, en janvier 2026, Ingrid Guidi Ribeiro et ses collègues analysent 47 études chez des bovins zébus. La monensine reste une référence efficace pour améliorer la conversion alimentaire, même si certaines alternatives obtiennent de meilleurs gains de poids.
Traversez maintenant l’Atlantique.
Depuis le 1er janvier 2006, l’Union européenne n’autorise plus la monensine comme additif antibiotique destiné à promouvoir la croissance des animaux d’élevage.
Mais elle n’a pas interdit la molécule elle-même.
En mars 2026, Bruxelles a encore renouvelé l’autorisation d’une préparation de monensine sodique comme coccidiostat chez certaines volailles.
La distinction est essentielle.
Une même substance peut être exclue d’un usage et rester autorisée dans un autre, selon le bénéfice recherché et les risques évalués.
La science du rumen, elle, continue d’avancer après la décision réglementaire.
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La monensine est un ionophore antimicrobien. Son intérêt potentiel sur le méthane ne suffit donc pas à décider de son usage.
Il faut aussi considérer toxicologie, résidus, santé animale et résistance antimicrobienne.
Les ionophores possèdent des mécanismes différents de nombreux antibiotiques utilisés en médecine humaine. Cela ne les rend pas neutres. Cela oblige à les évaluer pour ce qu’ils sont.
Le vrai problème institutionnel apparaît ici.
L’Europe veut réduire les antimicrobiens en élevage, les émissions agricoles et l’usage des ressources. Une même molécule peut se retrouver au croisement de ces objectifs sans produire de réponse simple.
Une réglementation n’est pas une conclusion scientifique définitive.
Elle est une décision prise à un moment donné avec les données et les priorités disponibles.
GERIONE
La science complique parfois les frontières que le droit avait besoin de rendre simples.
Sources
Duffield et al., Journal of Animal Science, 2012
Cooke et al., Translational Animal Science, 2024
Ribeiro et al., Research in Veterinary Science, 2026
Commission européenne, additifs alimentaires, 2006 et 2026
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