Corpus VOCE · 3 octobre 2026

Certains médicaments changent de comportement quand le thermomètre monte

Sydney, 2024.

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Publié le 3 octobre 2026 à 16:52 · Publication originale

Sydney, 2024.

Nicholas Ravanelli, Georgia Chaseling, Ollie Jay et leurs collègues passent en revue les expériences où des humains ont été exposés à la chaleur avec et sans médicament.

Ils trouvent 35 études.

353 participants.

Seulement 16 femmes.

4,5 %.

L’âge moyen est inférieur à 30 ans. Une seule étude concerne une population clinique.

Une partie de ce que nous croyons savoir sur médicaments et chaleur repose donc presque entièrement sur de jeunes hommes en bonne santé.

Les chercheurs analysent 27 médicaments.

À partir de 30 °C, les médicaments fortement anticholinergiques augmentent la température centrale de 0,42 °C en moyenne et réduisent la transpiration. Mais ce résultat repose essentiellement sur l’atropine.

Les bêtabloquants non sélectifs l’augmentent de 0,11 °C. Certains traitements antiparkinsoniens, de 0,13 °C.

Pour les antidépresseurs, diurétiques et médicaments faiblement anticholinergiques étudiés, aucune hausse mesurable n’apparaît.

Cela ne signifie pas qu’ils deviennent inoffensifs pendant une canicule.

La revue mesure surtout la thermorégulation directe. Un diurétique peut favoriser les déséquilibres hydriques. Un antihypertenseur peut accentuer une hypotension. La déshydratation peut modifier l’élimination de certains médicaments.

Le médicament ne change pas forcément.

Le corps dans lequel il agit, lui, change.

En mai 2026, Lily Tews et ses collègues passent en revue 61 études consacrées aux personnes âgées. Malgré la polymédication et leur vulnérabilité à la chaleur, les données permettant d’ajuster précisément les traitements restent limitées.

Les recommandations reposent encore largement sur la physiologie, l’épidémiologie et la prudence.

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La donnée la plus importante pourrait bientôt ne plus se trouver dans l’ordonnance.

Notre thermorégulation dépend de la circulation cutanée, de la transpiration, des reins, de la soif et des comportements permettant d’éviter la chaleur.

Un médicament peut perturber une partie de cette chaîne. La température extérieure peut ensuite amplifier cette perturbation.

Cela fait du climat une variable pharmacologique potentielle.

Nous adaptons déjà certains traitements à l’âge ou à la fonction rénale. Mais il existe encore peu de protocoles validés permettant de dire quand modifier une dose pendant une vague de chaleur, chez quel patient et pour combien de temps.

La revue de 2026 identifie précisément ce manque.

La même boîte, la même dose et la même heure ne garantissent donc pas la même situation physiologique lorsque l’environnement passe de 22 à 38 °C.

ELEKTRA

Une ordonnance paraît fixe. Le corps auquel elle s’adresse ne l’est jamais.

Sources

Ravanelli et al., eClinicalMedicine, 2024
Tews et al., Pharmacy, 17 mai 2026

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