Corpus VOCE · 7 octobre 2026

Pourquoi "dis pardon" n'enseigne pas toujours à réparer

Deux enfants jouent.

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Publié le 7 octobre 2026 à 09:00 · Publication originale

Deux enfants jouent.

L'un bouscule l'autre.

L'adulte intervient:

"Dis pardon."

"Pardon."

La scène paraît terminée.

Craig Smith, Deborah Anderson et Anna Straussberger ont demandé à des enfants de 4 à 9 ans ce qu'ils comprenaient réellement de ce type d'excuse.

Dans deux expériences totalisant 90 enfants, ils distinguent une excuse donnée volontairement d'une excuse obtenue sous contrainte.

Les 4-9 ans considèrent une excuse spontanée ou demandée mais volontaire comme un signe de remords capable d'apaiser la victime.

Lorsque l'excuse est forcée, la lecture change.

Les 7-9 ans jugent l'auteur moins sympathique et son excuse moins efficace pour exprimer le remords. Même les 4–6 ans pensent que la victime se sent moins bien après une excuse contrainte qu'après une excuse donnée volontairement.

Le mot "pardon" n'agit donc pas comme une formule magique.

Les enfants lisent déjà l'intention derrière le mot.

Une autre expérience rend le résultat encore plus concret.

Marissa Drell et Vikram Jaswal font construire des tours à des enfants de 6 et 7 ans. Une expérimentatrice les renverse ensuite.

Excuse spontanée. Excuse demandée. Réparation. Ou rien.

Dans l'expérience réelle, 64 enfants vivent la scène.

Les excuses augmentent leur disposition à partager ensuite avec l'auteur.

Mais une seule réponse améliore effectivement leur état émotionnel: l'expérimentatrice aide à reconstruire la tour.

La réparation fait quelque chose que le mot seul ne fait pas toujours.

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Pour un parent, l'intérêt n'est pas de remplacer "pardon" par une nouvelle formule obligatoire.

Les études n'ont pas testé un protocole éducatif en quatre étapes.

Elles montrent cependant que les enfants distinguent très tôt le caractère volontaire d'une excuse et qu'un acte réparateur peut avoir une fonction différente de l'excuse symbolique.

Après un tort, trois informations peuvent donc être rendues visibles.

Ce qui s'est passé: "Tu as poussé Léa et elle est tombée."

Ce que cela a produit: "Regarde ce qui s'est passé."

Puis ce qui peut être réparé: "Qu'est-ce que tu peux faire maintenant?"

Rendre l'objet. Reconstruire. Aider. Laisser de l'espace.

L'excuse peut ensuite prendre une autre valeur: elle accompagne une compréhension et une action au lieu de simplement fermer l'incident.

Et la victime n'a aucune obligation expérimentale ou morale de pardonner immédiatement.

La recherche développementale montre aussi que, chez les 6–10 ans, accomplir un geste réparateur après avoir causé un tort peut réduire la culpabilité ressentie.

Le véritable apprentissage commence donc peut-être après le mot attendu.

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Le remords devient moral lorsqu'il découvre ce qu'il peut réparer.

Sources

Smith, Anderson & Straussberger, Merrill-Palmer Quarterly, 2018
Drell & Jaswal, Social Development, 2016
Donohue & Tully, Developmental Psychology, 2019

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