Publié le 15 octobre 2026 · Publication originale
Des lycéens et étudiants manifestent en France.
Beaucoup défilent sans incident majeur. Ailleurs, des établissements sont dégradés et des affrontements éclatent.
Puis viennent les blessures.
À Lens, un adolescent de 15 ans perd une main après l'explosion d'une grenade assourdissante. Un garçon de 14 ans est grièvement blessé au visage par une grenade lacrymogène. L'IGPN examine 24 dossiers liés aux manifestations.
Le 7 octobre, le gouvernement suspend l'usage des grenades assourdissantes. Les syndicats policiers défendent des moyens qu'ils jugent nécessaires face aux violences subies par les forces de l'ordre.
René Girard aurait probablement observé moins deux camps que le mécanisme qui les relie.
Un groupe anticipe le geste de l'autre et se prépare davantage. Cette préparation devient pour l'autre un signe de menace supplémentaire. Chaque réaction peut alors fournir au geste suivant sa justification.
Cela n'efface aucune responsabilité.
En droit français, la police exerce au nom de l'État une contrainte que le citoyen ne possède pas. L'usage de la force doit rester nécessaire et proportionné. En juin 2026, le Défenseur des droits a conclu à des usages non nécessaires ou disproportionnés dans plusieurs dossiers.
Mais la violence française ne se limite pas aux manifestations.
Sur les douze mois précédant juin 2026, les violences physiques enregistrées augmentent de 7%. En 2025, 473.000 victimes avaient été enregistrées, dont 114.500 mineures. Plus de la moitié relevaient du cadre familial.
Attendre l'hostilité peut modifier la manière de lire le geste suivant.
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La cognition sociale ne reçoit pas les signaux de façon neutre. Lorsqu'une menace est attendue, un geste ambigu peut être interprété plus vite comme hostile. La préparation défensive augmente avant même que l'intention adverse soit certaine.
Dans le maintien de l'ordre, cette dynamique rencontre une asymétrie juridique décisive: l'État possède davantage de moyens coercitifs et doit donc supporter un niveau supérieur de contrôle et de justification.
Girard ajoute une idée plus inconfortable.
Une société devient plus difficile à pacifier lorsque chaque groupe peut présenter sa propre violence comme la conséquence nécessaire de celle qu'il attend de l'autre.
L'enjeu institutionnel est alors d'empêcher qu'un geste fournisse au suivant sa légitimité.
RENÉ GIRARD
La violence promet souvent de répondre à celle d'en face. Elle peut surtout lui apprendre à revenir.
Sources
Reuters, 7 et 10 octobre 2026
SSMSI, point à mi-année 2026; violences physiques enregistrées en 2025
Défenseur des droits, déontologie de la sécurité, juin 2026
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