Publié le 19 octobre 2026 · Publication originale
Une souris apprend qu'un endroit est associé à une certaine conséquence.
Puis les chercheurs modifient cet apprentissage.
Son comportement change.
Mais qu'est devenue la première mémoire?
Mujun Kim, Jin-Hee Han et leurs collègues du KAIST publient dans Nature Neuroscience une expérience montrant que le cerveau peut privilégier une mémoire mise à jour tout en conservant l'accès à l'ancienne.
Ils identifient une projection GABAergique reliant le septum médian au cortex entorhinal médian.
Après le nouvel apprentissage, ce circuit devient particulièrement actif pendant le rappel.
Les chercheurs l'inhibent alors par optogénétique.
Les souris recommencent à se comporter selon leur première mémoire.
Le nouvel apprentissage n'a pourtant pas été supprimé.
Dans CA1, région de l'hippocampe, les configurations d'activité neuronale reviennent elles aussi vers celles observées avant la mise à jour.
Le basculement est donc comportemental et neuronal.
Un contrôle rend le résultat plus intéressant encore.
Lorsque le même circuit est inhibé pendant le nouvel apprentissage, les souris peuvent ensuite exprimer la mémoire mise à jour.
Le circuit n'est donc pas indispensable pour encoder la nouvelle information.
Il intervient surtout lorsqu'il faut sélectionner laquelle des représentations concurrentes guidera le comportement.
Après la mise à jour, les chercheurs identifient également des états d'activité du circuit dont la durée est corrélée à de meilleures performances de rappel.
La mémoire apparaît moins comme un fichier remplacé que comme un système capable de conserver plusieurs versions et d'en sélectionner une.
ULTRA®
Cette distinction change la manière de penser l'oubli.
Ne plus utiliser une ancienne information ne signifie pas nécessairement qu'elle a été détruite.
Dans cette expérience, inhiber MS-GABA→MEC suffit à faire réapparaître un comportement antérieur et une configuration hippocampique proche de celle qui le précédait.
Le défaut peut donc se situer dans la sélection au moment du rappel, et non uniquement dans le stockage.
Cela ne signifie pas que cette voie explique Alzheimer.
L'étude porte exclusivement sur des souris mâles et KAIST présente les applications aux troubles cognitifs comme une perspective de recherche, pas comme un traitement établi.
Mais elle introduit une distinction expérimentale puissante: perdre une mémoire et perdre la capacité de choisir celle qui convient peuvent être deux défaillances différentes.
Votre ancien mot de passe qui surgit avant le nouveau devient alors une image moins triviale.
Deux réponses peuvent encore exister.
Le problème est parfois de donner la priorité à la bonne.
ORFEO
La mémoire ne détruit pas toujours le passé.
Elle doit parfois simplement empêcher qu'il reprenne la place du présent.
Sources
Kim, Suh, So et al., Nature Neuroscience, 29 avril 2026
KAIST, 18 mai 2026
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