Corpus VOCE · 20 octobre 2026

En automne, vos yeux transmettent au cerveau une lumière que vous ne voyez pas

Amsterdam, 27 février 2026.

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Publié le 20 octobre 2026 · Publication originale

Amsterdam, 27 février 2026.

Au NEMO Science Museum, Gijs van der Zwet, Zoë Bor et leurs collègues de l'université de Leyde étudient 433 visiteurs: 269 adultes et 164 enfants.

L'expérience se déroule entre le 21 décembre 2024 et le 5 janvier 2025, au cœur de l'hiver néerlandais.

Après cinq minutes dans une pièce presque noire, chaque participant reçoit dans l'œil droit un flash rouge d'une seconde puis, une minute plus tard, un flash bleu.

Une caméra infrarouge filme la pupille à 60 images par seconde.

Les chercheurs regardent ce qui se passe après l'extinction.

Car notre rétine ne sert pas uniquement à voir.

Elle contient des cellules ganglionnaires intrinsèquement photosensibles, les ipRGC, qui expriment la mélanopsine. Elles participent à la mesure de la lumière ambiante utilisée pour synchroniser l'horloge biologique.

Après le flash bleu, la pupille reste contractée plusieurs secondes.

L'équipe mesure cette réponse tardive entre cinq et sept secondes après extinction.

Le résultat est inattendu.

Chez les jeunes hommes, une réponse mélanopsinique plus forte est associée à un chronotype plus tardif.

Chez les femmes plus âgées, l'association s'inverse: une réponse plus forte accompagne un chronotype plus matinal.

Chez les enfants, aucune relation comparable n'apparaît.

La sensibilité de cette voie lumineuse n'entretient donc pas une relation unique avec nos horaires biologiques.

L'étude est observationnelle. Elle ne montre pas que cette réponse détermine l'heure du sommeil.

ULTRA®

Le plus étrange est que cette lumière n'a pas besoin de devenir une image consciente pour compter biologiquement.

Les ipRGC sont particulièrement sensibles aux courtes longueurs d'onde et projettent notamment vers les noyaux suprachiasmatiques, principaux coordinateurs circadiens.

Elles participent à la synchronisation de la mélatonine, du sommeil et de l'éveil.

Une étude de l'université de Bâle avait déjà montré en 2023 que la réponse du système mélanopsinique à la lumière du soir varie selon la saison.

La lumière reçue auparavant modifie donc la manière dont l'organisme répond à celle qui arrive ensuite.

Nos yeux transportent ainsi deux mondes lumineux en parallèle.

L'un construit les couleurs, les formes et les paysages que nous voyons.

L'autre renseigne silencieusement le cerveau sur l'heure biologique du monde extérieur.

En automne, les jours raccourcissent devant nous.

Mais ils raccourcissent aussi à l'intérieur de notre physiologie.

PERSEPHONE

Chaque automne, la lumière disparaît un peu plus tôt. Une partie de notre rétine en tient déjà le compte.

Sources

Van der Zwet et al., Sleep, 27 février 2026
Schöllhorn et al., Clocks & Sleep, 2023
CIE S 026/E:2018

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