Publié le 24 août 2026 à 10:00 · Publication originale
Sur la paillasse du Building Science Centre of Excellence, il y a aussi de la chaux, deux liants au magnésium et de minuscules granulés blancs dont les pores mesurent environ 20 nanomètres.
C'est de l'aérogel de silice.
Le 12 juin 2026, Babaahmadi et Fitsum Tariku publient le résultat de leur expérience. Leur problème concerne directement la rénovation européenne.
Le béton de chanvre isole et utilise une matière végétale. Mais, à épaisseur égale, il isole moins bien que plusieurs produits pétrochimiques. Il faut donc épaissir les murs. Dans un appartement parisien isolé par l'intérieur, quelques centimètres finissent par devenir des mètres carrés habitables.
Les chercheurs préparent plusieurs formulations. Dans les mélanges à la chaux, ils remplacent progressivement le chanvre par 20, 40, 60 puis 80% d'aérogel. Chaque recette est pesée, moulée puis placée dans un appareil mesurant le passage de la chaleur.
Certaines ne deviennent même pas des blocs.
Avec trop peu de liant au magnésium, le chanvre ne tient pas. L'aérogel change la structure: ses particules remplissent une partie des espaces et permettent d'obtenir des échantillons plus légers.
Puis apparaît le chiffre: 0,020 W/m·K.
Jusqu'à quatre fois moins que certains composites chanvre-chaux conventionnels. Dans certaines formulations, l'aérogel réduit la conductivité thermique de 59%.
L'expérience arrive au moment où le bâtiment absorbe environ 40% de l'énergie finale européenne. Une étude publiée elle aussi en 2026 compare sept familles d'isolants biosourcés, du liège au mycélium. Le défi n'est plus de prouver qu'ils fonctionnent, mais de les rendre suffisamment performants et abordables pour sortir des démonstrateurs.
Car l'aérogel reste cher.
Et une étude française publiée en mai 2026 rappelle ce que les reportages sur "l'isolation écologique" expliquent rarement: un matériau n'est pas performant partout de la même manière. Épaissir une paroi biosourcée peut diminuer le chauffage dans un climat froid et augmenter les besoins de refroidissement dans un climat chaud.
Devant un devis, il faudrait donc demander cinq choses: conductivité thermique, épaisseur nécessaire, comportement à l'humidité, carbone incorporé et performance dans le climat réel du bâtiment.
Pas seulement: "Est-ce écologique?"
À Vancouver, quelques copeaux de chanvre et une matière presque entièrement constituée d'air viennent de montrer pourquoi cette question est devenue insuffisante.
VULCANO
Nous regardions l'épaisseur des murs. Il fallait regarder ce qui empêche réellement la chaleur de les traverser.
Sources
Frontiers in Sustainability, juin 2026
Energy and Buildings, mai 2026
Sustainability, juin 2026
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