Publié le 30 août 2026 à 07:00 · Publication originale
Saichao Dang et l'équipe de Qiaoqiang Gan, à KAUST, installent dehors deux panneaux photovoltaïques commerciaux.
Ils vont rester là six mois, de mars à septembre, avec le soleil, la chaleur et surtout la poussière.
Un panneau est ordinaire. L'autre est recouvert d'une couche transparente nanostructurée à base de silicone de qualité alimentaire.
Puis les chercheurs attendent.
Le problème qu'ils étudient est très concret. Dans le désert, la poussière réduit progressivement la lumière atteignant les cellules photovoltaïques. Il faut donc nettoyer les panneaux. Et pour produire de l'énergie dans une région aride, on peut finir par consommer une ressource encore plus précieuse: l'eau.
L'équipe de KAUST tente autre chose.
Son revêtement laisse traverser la lumière, repousse fortement l'eau et possède une propriété physique étonnante: la nuit, il évacue une partie de sa chaleur par rayonnement infrarouge vers le ciel.
La surface peut alors devenir légèrement plus froide que l'air.
Lorsque sa température descend jusqu'au point de rosée, la vapeur d'eau atmosphérique se condense.
Des gouttes apparaissent sur le panneau.
Comme elles adhèrent très peu au revêtement, elles roulent et emportent avec elles une partie de la poussière.
Le désert nettoie alors le panneau avec l'eau contenue dans son propre air.
Après quatre mois d'exposition, avant qu'une pluie ne vienne perturber l'expérience, le panneau traité reste nettement plus propre et conserve mieux son rendement que le témoin. Sur certaines nuits favorables, la surface produit plus de deux fois la quantité d'eau condensée par le verre non traité.
Les chercheurs installent même une plaque sous le panneau pour récupérer cette eau.
Puis ils font quelque chose d'inattendu.
Ils l'utilisent pour irriguer du pak-choï, Brassica rapa chinensis.
L'expérience ne démontre pas qu'un parc solaire saoudien va devenir une exploitation agricole. Les volumes d'eau restent modestes et la durabilité du revêtement doit encore être étudiée sur plusieurs années.
Elle montre quelque chose de plus intéressant.
Dans le GCC, chaleur, poussière et manque d'eau obligent les ingénieurs à concevoir autrement des technologies souvent développées sous des climats beaucoup plus faciles.
La prochaine fois que vous verrez de la rosée sur une voiture au matin, regardez-la autrement.
Ce phénomène banal pourrait un jour nettoyer une centrale solaire.
PROMETEO
L'ingénierie commence parfois par remarquer qu'une ressource était présente depuis toujours, simplement sous une forme que personne ne récoltait.
Sources 2026
Energy & Environmental Materials, Saichao Dang et al.
KAUST, Qiaoqiang Gan Research Group
KAUST Center of Excellence for Renewable Energy and Sustainable Technologies
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