Publié le 9 septembre 2026 à 12:00 · Publication originale
L'OCDE publie aujourd'hui PISA 2025.
Pour la France, ce n'est plus une mauvaise note.
C'est un problème économique.
Les résultats des élèves de 15 ans comptent parmi les plus faibles enregistrés depuis la création de PISA en 2000.
En mathématiques, la France tombe au 34e rang sur 91 pays et économies. En lecture, elle est 28e. En sciences, 27e.
Mais le chiffre décisif est ailleurs.
Seulement 5% des élèves français atteignent les niveaux les plus élevés en mathématiques. Ils étaient 11% en 2015. En Chine P-S-J-Z, ils sont 54%, à Singapour 37%, à Taipei 32%, en Corée 23%, au Japon 22%.
Et 36% des Français n'atteignent même pas le niveau 2 en mathématiques.
Ce niveau ne mesure pas des équations avancées. Il demande notamment de reconnaître comment une situation simple peut être représentée mathématiquement.
En lecture, les élèves très performants sont passés de 13% à 5% en dix ans.
Voilà pourquoi PISA 2025 dépasse l'école.
L'IA fait entrer l'économie dans une ère de "low workforce": moins de personnes peuvent produire davantage lorsqu'elles savent raisonner, vérifier, abstraire, décider et utiliser les machines.
Les tâches cognitives simples sont précisément celles que l'IA automatise le plus facilement.
La valeur humaine se déplace donc vers ce que PISA voit s'affaiblir.
Le problème remonte jusqu'au sommet.
Dans le Times Higher Education World University Rankings 2026, la première université française, PSL, est 48e mondiale. Institut Polytechnique de Paris et Paris-Saclay sont 68e, Sorbonne 76e. Quatre institutions françaises figurent dans le Top 100.
Même l'ancienne ENA envoie un signal singulier.
Devenue INSP, elle a supprimé le classement de sortie à partir de la promotion 2024-2026. L'Institut veut ne plus "classer et hiérarchiser", mais apparier compétences des élèves et besoins des administrations.
La réforme peut avoir sa logique professionnelle.
Mais mise à côté de PISA et des universités, elle pose une question française: que faisons-nous encore de la mesure explicite de l'excellence?
Car dans l'économie cognitive, supprimer un classement ne supprime pas la compétition.
Laboratoires, entreprises, investisseurs et États continuent à comparer les compétences.
La France entre donc dans l'ère de l'IA avec un problème qui n'est pas technologique.
La machine devient meilleure au moment où notre proportion d'élèves excellents diminue.
MINERVA
Une société peut décider de moins classer ses individus. Elle ne peut pas demander au monde de cesser de comparer leurs compétences.
Sources 2026
OCDE • PISA 2025 • 8 septembre
Times Higher Education • WUR 2026
INSP • procédure de sortie 2026
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