Publié le 19 septembre 2026 à 08:00 · Publication originale
Presque rien.
À l'échelle des océans: environ 4,5 milliards de tonnes.
En juin 2026, Jiacheng Zhang, Xuewen Cao, Yihui Yuan, Ning Wang et leurs collègues de l'Université de Hainan publient dans "Nature Communications" une expérience qui attaque le principal problème: comment capturer un ion présent à quelques parties par milliard dans un milieu saturé d'autres espèces chimiques?
Ils construisent un réacteur microscopique en COF, un réseau organique cristallin poreux, creux et hiérarchisé.
À l'extérieur, des groupes amidoxime concentrent sélectivement l'ion uranyle UO₂²⁺. Dans la cavité, sous lumière visible, des fonctions cyano produisent du peroxyde d'hydrogène H₂O₂.
Deux flux se rencontrent alors à l'interface: l'uranyle vers l'intérieur, le peroxyde vers l'extérieur. Leur concentration locale devient suffisante pour précipiter l'uranium sous forme de peroxyde insoluble.
L'équipe prélève 100 litres d'eau dans la baie de Mulan, à Hainan. Elle la filtre puis la fait circuler à 2 L/h sous une lumière supérieure à 420 nm.
Après sept jours, le matériau atteint 25,1 mg d'uranium par gramme, 3,9 fois le COF équivalent sans cavité.
En août, une autre équipe chinoise franchit un verrou différent: l'industrialisation. Ses particules macroporeuses de polyamidoxime atteignent 8,3 mg/g après 30 jours dans l'eau de mer naturelle, conservent 80% de leur capacité après cinq cycles et sont déjà synthétisées par lots de 4,4 kg.
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Les États-Unis travaillent sur le même problème depuis plus d'une décennie avec les laboratoires Oak Ridge et Pacific Northwest: fibres polymères fonctionnalisées à l'amidoxime, essais en eau de mer naturelle, sélectivité U(VI)/V(V), désorption puis réutilisation.
La difficulté est moins la quantité totale d'uranium que son extraordinaire dilution. Dans l'eau de mer, l'uranyle doit être distingué au milieu d'une masse d'ions infiniment plus abondants. Le vanadium est particulièrement gênant parce qu'il concurrence fortement les sites amidoxime.
C'est ici que la compétition devient intéressante.
La Chine travaille désormais simultanément sur la cinétique, la photocatalyse, la sélectivité et la fabrication au kilogramme. Les États-Unis possèdent une longue base de recherche sur les adsorbants amidoxime et leur déploiement marin.
La prochaine frontière du combustible nucléaire pourrait donc ne pas ressembler à une mine.
Elle pourrait ressembler à une membrane immergée dans l'océan.
NABUCCO
Une ressource peut être immense et rester invisible tant que nous ne savons pas sélectionner quelques atomes parmi des milliards d'autres.
Sources 2026
Nature Communications, 19 juin 2026
Chemical Engineering Journal, 15 août 2026
Oak Ridge National Laboratory
Pacific Northwest National Laboratory
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