Publié le 20 septembre 2026 à 14:00 · Publication originale
Seung-Beom Kang, Jin-Seok Woo, Minkyeong Pyo, Hyun-Do Yun et Wonchang Choi ajoutent au béton une poudre noire obtenue par pyrolyse du bois en atmosphère pauvre en oxygène.
Du biochar.
Au microscope électronique, sa structure est fortement poreuse. Surtout, elle contient du carbone biogénique stabilisé: celui que l'arbre avait capté dans l'atmosphère.
Les chercheurs substituent 3, 5 puis 7% du ciment et imposent aux éprouvettes 300 cycles gel-dégel.
+4°C, -18°C, +4°C dans l'eau.
Quatre heures par cycle.
À 5%, le béton atteint encore les 24 MPa visés et conserve après 300 cycles un facteur de durabilité de 96,8%. L'écaillage de surface est réduit d'environ 74%.
À 7%, changement de régime: la résistance à la compression peut chuter de 35,5%.
Le biochar n'est donc pas un additif climatique que l'on dose librement. Sa porosité augmente l'absorption d'eau et modifie l'ITZ, la zone de transition entre pâte cimentaire et granulats. À dosage maîtrisé, l'eau stockée dans ses pores peut être restituée pendant l'hydratation: une cure interne susceptible de limiter retrait et microfissuration. En excès, porosité et demande en eau dégradent la matrice.
La fenêtre expérimentale intéressante se situe ici entre 3 et 5%. L'analyse de cycle de vie indique jusqu'à 27,7% de réduction du potentiel de réchauffement climatique.
Le matériau entre déjà dans l'industrie.
À Hambourg, Novocarbo produit des biochars certifiés EBC à partir de biomasses résiduelles. Son Ground Biochar vise notamment béton, chapes et asphalte. CARBUNA développe également en Allemagne des biochars pour matrices minérales.
Aux Pays-Bas, Niels Vonk, Jeanette Visser et Rian Visser explorent en 2026 une autre propriété: des pavés au biochar capables de retenir jusqu'à 240 litres d'eau par m³ avant de la restituer progressivement.
Un même matériau peut donc agir sur trois paramètres: carbone incorporé, microstructure du béton et gestion de l'eau urbaine.
ULTRA®
Le ciment représente environ 7 à 8% des émissions mondiales de CO₂. Le biochar introduit la logique inverse: transformer du carbone capté par photosynthèse en carbone stabilisé puis l'immobiliser dans un ouvrage.
Pour l'architecte, écrire "béton au biochar" dans un CCTP ne suffit pas. Il faut spécifier biomasse d'origine, température de pyrolyse, carbone fixe, granulométrie, surface spécifique, sorptivité, taux de substitution, rapport eau/liant, résistance cible, classe d'exposition et EPD.
Deux bétons de même classe mécanique peuvent désormais porter le même bâtiment avec des empreintes carbone très différentes.
VULCANO
Un trottoir peut être une surface. Ou une réserve d'eau et un coffre-fort à carbone.
Sources
Scientific Reports, 2026 • Biomass and Bioenergy, 2026 • EBC • Novocarbo • CARBUNA
#biochar #beton #architecture #materiaux #constructiondurable #carbone #voceassociation