Publié le 22 septembre 2026 à 18:01 · Publication originale
Sur la côte orientale espagnole, l'eau tombe brutalement.
À L'Eliana, près de Valence, 106 millimètres sont mesurés. Chiva-Calicanto reçoit 102,4 millimètres, Torrent-Calicanto 100,3. Routes submergées, métro perturbé, aéroport fermé. Près de Barcelone, une voiture est emportée par un cours d'eau. Son conducteur meurt.
Les médias parlent volontiers de "bombes d'eau".
Le terme frappe les esprits mais ne décrit aucun phénomène météorologique précis.
Une partie de la mécanique peut commencer plusieurs jours auparavant et beaucoup plus loin.
Au-dessus des océans circulent d'immenses corridors transportant de la vapeur d'eau. Les météorologues les appellent "rivières atmosphériques". Elles peuvent mesurer plusieurs milliers de kilomètres.
En 2026, Silvio Davolio, Isacco Sala et leurs collègues reconstituent leur présence en Méditerranée occidentale sur environ soixante ans.
Ils identifient 357 rivières atmosphériques ayant atteint le centre et le nord de l'Italie.
Une démonstration spectaculaire survient lors de la tempête Vaia, du 27 au 29 octobre 2018.
Une circulation atmosphérique transporte de l'humidité depuis des régions tropicales. Lorsqu'elle rencontre les Alpes, le relief la force à monter. L'air refroidit, l'eau condense.
Localement, presque 900 millimètres de pluie tombent en 72 heures.
En octobre 2020, avec la tempête Alex, un autre corridor entre en Méditerranée par Gibraltar. Certaines zones du Piémont et de Ligurie dépassent 300 millimètres. Des maxima franchissent 500 millimètres en 12 heures.
La Méditerranée ajoute aujourd'hui une donnée préoccupante. Après l'été 2026, ses eaux de surface ont atteint localement des anomalies proches de +5 °C. Une mer très chaude accroît l'évaporation et peut fournir davantage d'humidité lorsque les conditions atmosphériques sont réunies. Plus de neuf millions de personnes sont exposées aux phénomènes méditerranéens en France.
Une inondation peut commencer bien avant le premier nuage aperçu depuis une fenêtre.
La prochaine fois qu'une pluie méditerranéenne transformera une rue en torrent, il faudra regarder plus haut et plus loin.
Le cours d'eau était déjà au-dessus de nos têtes.