Publié le 14 octobre 2026 · Publication originale
Un adolescent reçoit un message sexuel qu'il n'a jamais demandé.
Il le trouve dérangeant. Pourtant, ses parents risquent de ne jamais en entendre parler.
En janvier 2026, Barbora Lisztwan Honusová, Lenka Dědková et Vojtěch Mýlek publient dans Children and Youth Services Review une étude menée auprès de 1.500 adolescents tchèques de 13 à 18 ans.
57,7% déclarent avoir reçu une sollicitation sexuelle en ligne non désirée au cours des deux années précédentes.
Parmi ceux concernés, seuls 43,6% en parlent à leurs parents.
Les chercheurs analysent ensuite 1.397 réponses ouvertes et identifient 25 raisons de garder le silence.
Certaines concernent la honte ou la vie privée. D'autres la peur que les parents se mettent en colère, accusent l'adolescent, dramatisent ou restreignent son téléphone et son accès à Internet.
Le silence ne signifie donc pas nécessairement absence de confiance.
Il peut aussi protéger une autonomie que l'adolescent pense menacée par la confidence.
Une seconde étude publiée en janvier 2026 suit 1.215 adolescents de huit pays à 13, 15 puis 16 ans.
Le contrôle psychologique parental prédit davantage de sentiment de surcontrôle. Ce sentiment prédit ensuite moins de divulgation aux parents.
Les règles parentales, elles, ne prédisent pas globalement moins de confidences. Et lorsque les chercheurs isolent la divulgation volontaire des comportements de secret, les questions parentales prédisent même davantage de confidences.
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LE COÛT ANTICIPÉ DE LA CONFIDENCE
Révéler une expérience en ligne impose à l'adolescent d'évaluer deux risques: celui de l'incident lui-même et celui de la réaction parentale.
Si parler peut entraîner confiscation du téléphone, surveillance accrue ou reproches, le coût anticipé de la divulgation augmente.
Cette logique éclaire une difficulté de prévention: renforcer le contrôle peut parfois réduire précisément l'information dont les parents ont besoin pour protéger.
Ces études ne démontrent pas qu'une réaction parentale donnée provoquera toujours le silence, ni que les résultats se généralisent à tous les contextes culturels.
Elles montrent cependant qu'un "non, rien ne s'est passé" ne constitue pas une mesure fiable de l'absence d'incident.
PAMINA
La confiance se mesure aussi à ce qu'un adolescent ose raconter lorsqu'il craint les conséquences de l'avoir dit.
Sources 2026
Lisztwan Honusová, Dědková & Mýlek, Children and Youth Services Review
Journal of Youth and Adolescence
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